La kinésiologie avec les enfants

Les parents qui prennent rendez-vous pour leur enfant s'excusent souvent d'avance : « ce n'est peut-être pas grand-chose ». Puis ils racontent les endormissements qui durent une heure, les maux de ventre du dimanche soir, la colère qui monte trop vite, le déménagement qui n'est jamais vraiment passé.
Ce que l'enfant ne peut pas dire
Un enfant n'a pas encore les mots pour nommer ce qui l'encombre — et surtout, il n'a pas le recul pour faire le lien entre ce qu'il ressent et ce qui l'a produit. Ce qui reste, c'est le corps : le sommeil, l'appétit, l'agitation, les douleurs sans cause retrouvée.
C'est aussi pour cela que le travail avec les enfants est souvent rapide. Ils n'ont pas encore construit les couches de justification que nous accumulons ensuite. Ce qui les traverse est plus près de la surface, et se dénoue souvent plus vite.
Comment se passe la séance
Un parent est présent du début à la fin. La séance commence par un temps de discussion à trois, où j'écoute autant l'enfant que l'adulte — les deux versions ne se recoupent pas toujours, et c'est justement intéressant.
Le test musculaire s'adapte : avec les plus petits, ou lorsque l'enfant préfère ne pas être touché, je peux tester en passant par le parent, qui sert d'intermédiaire. Rien n'est imposé. Un enfant qui ne veut pas s'allonger reste assis ; un enfant qui veut garder ses chaussures les garde.
Le vocabulaire change aussi. On ne parle pas d'équilibrage psychocorporel à un enfant de sept ans : on parle de la boule dans le ventre, de ce qui pique quand on pense à l'école, de ce qui serait mieux après. Ils sont en général bien plus précis que les adultes.
Les motifs les plus fréquents
L'endormissement et les réveils nocturnes viennent en tête. Puis l'angoisse de séparation, les périodes de changement — une naissance, une séparation, un déménagement, une nouvelle école —, les difficultés de concentration, et cette agitation qui n'est souvent qu'une manière de décharger un trop-plein.
Je reçois les enfants de 0 à 12 ans. Pour les plus jeunes, tout se fait dans les bras du parent, et la séance est courte : un bébé donne des réponses très nettes et fatigue vite.
Ce que cela ne remplace pas
La kinésiologie ne se substitue à aucun suivi. Devant un trouble des apprentissages, un retard de développement ou une souffrance qui dure, le pédiatre, le logopédiste ou le psychologue restent les bons interlocuteurs — et je le dis franchement aux parents quand c'est le cas.
Ce que je peux offrir, c'est un endroit où l'enfant est écouté autrement, et où son corps a le droit d'avoir son mot à dire. C'est souvent un bon complément, rarement une réponse à tout.