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Le stress qui s'installe : ce que le corps garde

Sara Carulli
Écrit par Sara Carulli
30 juin 2026 · Lecture 4 min
Personne assise, la tête appuyée sur la main, dans une lumière verte tamisée

« Ça fait des mois que je tiens, mais je ne récupère plus. » C'est probablement la phrase que j'entends le plus souvent au cabinet. Elle est presque toujours dite avec un peu d'embarras, comme s'il fallait une raison plus sérieuse pour venir. Il n'en faut pas.

Une réponse utile, devenue un état

Le stress n'est pas un défaut de fabrication : c'est une mobilisation. Face à une échéance, à un danger, à une contrariété, le corps se prépare — le cœur accélère, les muscles se tonifient, la respiration remonte dans la poitrine, la digestion passe au second plan. Puis la situation se règle, et tout redescend.

Le problème n'est pas la mobilisation. C'est qu'elle ne redescende plus. Quand les sollicitations s'enchaînent sans que le corps reçoive jamais le signal que c'est terminé, ce qui était une réponse ponctuelle devient un réglage par défaut. On ne se sent pas forcément stressé ; on se sent fatigué, irritable, un peu absent.

Les signes qu'on ne relie pas entre eux

Ils arrivent rarement ensemble, et c'est ce qui rend le tableau difficile à lire. Une nuque qui reste dure malgré les étirements. Un sommeil qui se prend mais ne répare pas. Une digestion capricieuse. Des mâchoires serrées au réveil. Des migraines qui reviennent en fin de semaine, quand justement on souffle enfin.

Pris un par un, chacun de ces signes a l'air anodin, et l'on s'y habitue. Mis bout à bout, ils dessinent souvent la même chose : un corps qui n'a pas eu l'occasion de refermer la parenthèse.

Ce que la kinésiologie propose là-dedans

Nous ne cherchons pas à supprimer le stress — la vie continue, et elle continuera d'en produire. Nous cherchons ce qui empêche la redescente. Le test musculaire permet souvent de faire apparaître ce qui reste accroché : une situation précise, une période, une exigence qu'on s'impose et dont on n'avait pas conscience qu'elle pesait autant.

L'équilibrage travaille ensuite sur ce point-là. Ce n'est pas magique et cela ne règle pas la charge extérieure. Mais quand le corps réapprend qu'il a le droit de relâcher, la même charge devient nettement plus supportable.

Le rythme que je recommande

Pour un stress installé depuis longtemps, une séance unique produit souvent un soulagement réel mais court. C'est pour cela que je conseille un cycle de trois séances : la première ouvre, la deuxième consolide, la troisième vérifie que le nouvel équilibre tient tout seul. Nous faisons le point à la fin, sans obligation de poursuivre.

Et si quelque chose vous inquiète — une douleur qui ne cède pas, un épuisement profond, une humeur qui s'effondre —, parlez-en aussi à votre médecin. La kinésiologie accompagne ; elle ne remplace ni un avis ni un traitement.

Sara Carulli
Sara Carulli
Kinésiologue à Genève, Champel — thérapeute complémentaire agréée ASCA, RME et Visana